Combien gagne un médecin esthétique ?

Jusqu’à 20 000 euros par mois ? Découvrez ce que gagnent vraiment les médecins esthétiques selon leur expérience et leur lieu d’exercice.

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Les revenus des médecins esthétiques varient fortement selon qu’ils exercent en tant que salariés ou en libéral. Un médecin salarié dans une clinique ou un centre esthétique perçoit en moyenne entre 6 000 et 10 000 euros nets par mois. Ce cadre offre une certaine stabilité financière, mais plafonne les revenus.
En libéral, les gains sont significativement plus élevés. Un médecin esthétique établi peut gagner entre 8 000 et 15 000 euros nets par mois, voire plus de 20 000 euros pour les profils les plus expérimentés avec une patientèle fidèle. Ces chiffres dépendent toutefois de nombreux facteurs : niveau d’activité, localisation, charges, notoriété.

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À titre de comparaison, un chirurgien esthétique gagne en moyenne 11 683 euros bruts mensuels, soit environ 7 120 euros nets. Un dermatologue libéral atteint environ 8 000 euros nets, et un généraliste 8 192 euros, selon les données de la DREES pour 2021.

Le statut libéral, moteur de revenus élevés

L’exercice en libéral permet aux médecins esthétiques de fixer librement leurs tarifs, contrairement aux médecins conventionnés. Une consultation initiale est généralement facturée entre 100 et 150 euros. Les injections de Botox varient entre 300 et 500 euros par séance, tandis que les traitements à l’acide hyaluronique se situent dans une fourchette de 300 à 600 euros selon les zones traitées.
Un cabinet bien implanté peut générer entre 20 000 et 40 000 euros de chiffre d’affaires mensuel. Une fois déduites les charges fixes (loyer, salaires, matériel, assurances), le revenu net se situe entre 8 000 et 15 000 euros.

La localisation du cabinet est un déterminant majeur des revenus. À Paris, les tarifs sont nettement supérieurs en raison d’un pouvoir d’achat plus élevé, d’une clientèle plus aisée et de loyers plus importants. Une consultation peut dépasser les 200 euros. En province, le même acte sera facturé entre 100 et 150 euros.
Selon plusieurs études de marché, les médecins esthétiques parisiens perçoivent en moyenne 30 à 40 % de revenus supplémentaires par rapport à leurs confrères en région.

Les revenus progressent nettement avec l’ancienneté. Un débutant sans patientèle génère des revenus limités les premières années. À l’inverse, un praticien ayant 10 à 20 ans d’expérience, jouissant d’une bonne réputation et d’un bouche-à-oreille solide, peut multiplier par 2 ou 3 ses revenus initiaux. La notoriété en ligne, les avis patients et la présence sur les réseaux sociaux jouent aussi un rôle croissant dans l’acquisition de clientèle.

Généralistes et dermatologues : diversification rentable

De nombreux médecins généralistes et dermatologues intègrent des actes de médecine esthétique dans leur pratique. Pour un généraliste, dix injections de Botox à 300 euros représentent 3 000 euros de chiffre d’affaires supplémentaire. Cette diversification s’avère financièrement stratégique, notamment dans un contexte de dévalorisation perçue de la médecine de premier recours.
Les dermatologues, dont les revenus oscillent entre 3 500 euros et 15 000 euros nets mensuels selon l’expérience et le secteur de conventionnement, renforcent également leurs revenus grâce à ces actes non remboursés.

Un régime fiscal de plus en plus contraignant

Les revenus élevés des praticiens libéraux sont soumis à un régime fiscal et social exigeant. Un bénéfice non commercial de 80 000 euros génère environ 16 000 euros de cotisations sociales, sans compter la CSG et la CRDS. La réforme de 2025 sur l’assiette des cotisations pourrait alléger la charge pour certains praticiens, mais reste incertaine.

Depuis mai 2024, une nouvelle règle fiscale impose une expertise indépendante pour bénéficier d’exonération de TVA. La simple déclaration du médecin ne suffit plus. La majorité des actes purement esthétiques étant désormais soumis à la TVA, les marges nettes se réduisent.

La médecine esthétique ne constitue pas une spécialité médicale reconnue dans le cursus initial. Toutefois, depuis 2024, le Conseil national de l’Ordre des médecins a validé un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de médecine esthétique. Il devient la formation de référence pour les praticiens souhaitant exercer dans ce domaine.
Le DIU impose trois ans de pratique médicale préalable, 168,5 heures de formation, dont 80 heures de pratique. Les universités de Bordeaux, Marseille et Créteil l’ont intégré en 2025, avec environ 60 places.

Un marché en forte croissance, tiré par les injections

Le marché français de la médecine esthétique a généré 6,8 milliards d’euros en 2024, en croissance de 8 à 10 % par an. À l’échelle mondiale, il représente 21,7 milliards d’euros, avec des prévisions à 30 milliards d’ici 2029.
Environ 2 millions de Français y ont recours chaque année, dont 1,2 million pour des injections. Les injections (toxine botulique et acide hyaluronique) constituent 46 % du marché mondial. Elles restent les actes les plus rentables pour les praticiens et les plus recherchés par les patients.

Face à la croissance rapide du secteur, les pouvoirs publics multiplient les tentatives de régulation. Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a proposé en 2025 de plafonner l’activité esthétique des généralistes conventionnés à 10 % de leur chiffre d’affaires et à une journée par semaine. Des mesures jugées irréalistes par la profession.
Le Conseil de l’Ordre souhaite également restreindre l’accès à la pratique via le DIU, pour éviter une prolifération incontrôlée des cabinets. Ces mesures pourraient impacter la dynamique économique du secteur dans les années à venir.



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