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- SMIG 2025 : salaire net, brut et coût pour l’employeur
- Salaire minimum agricole (SMAG) : un écart toujours significatif
- Hausse salariale progressive jusqu’en 2026
- SMIC et inflation : une progression absorbée par la hausse des prix
- Le SMIG marocain en comparaison internationale
- L’impact sur le textile : entre valorisation salariale et risques de compétitivité
- Accord social de 2024 : au-delà du salaire minimum
- Dialogue social : revendications syndicales et blocages persistants
- Quelles perspectives d’évolution pour le SMIG au Maroc ?
Le Maroc a franchi un cap symbolique en matière de politique salariale. Depuis le 1er janvier 2025, le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) dans les secteurs non agricoles dépasse pour la première fois la barre des 3 000 dirhams nets par mois (environ 275 euros). Cette revalorisation marque une étape importante, mais pose également la question de la réalité du pouvoir d’achat qu’elle représente pour les travailleurs marocains.
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SMIG 2025 : salaire net, brut et coût pour l’employeur
Le salaire minimum net mensuel pour les secteurs de l’industrie, du commerce et des professions libérales s’élève désormais à 3 045,96 dirhams (environ 279 euros). Ce montant est issu d’un salaire brut de 3 266,96 dirhams (environ 300 euros), calculé sur une base de 191 heures par mois, soit un taux horaire de 17,10 dirhams (1,57 euro). Après prélèvements obligatoires (cotisations sociales CNSS, assurance maladie obligatoire et impôt sur le revenu), le montant net tombe donc à 3 045,96 dirhams (279 euros).
Le coût réel pour l’employeur, intégrant les charges patronales, s’élève à 3 955,96 dirhams (environ 362 euros) par salarié. Cette somme inclut une hausse des cotisations sociales versées par l’employeur, passées de 865,90 dirhams (79 euros) à 909,19 dirhams (83 euros) par mois.
Salaire minimum agricole (SMAG) : un écart toujours significatif
Dans le secteur agricole, le Salaire Minimum Agricole Garanti (SMAG) a également été revalorisé. Depuis le 1er avril 2025, le salaire journalier atteint 93 dirhams (8,50 euros), soit 2 255,03 dirhams nets par mois (environ 206 euros), calculés sur 26 jours de travail. Le montant brut mensuel s’élève à 2 418,23 dirhams (environ 221 euros).
Une nouvelle hausse de 5 % est prévue pour avril 2026, portant le SMAG journalier à 97,65 dirhams (8,92 euros), ce qui correspond à un salaire mensuel brut d’environ 2 538,90 dirhams (environ 232 euros). L’écart entre le SMIG et le SMAG reste néanmoins marqué : plus de 790 dirhams nets (environ 72 euros) par mois, soit une différence d’environ 26 %. Le gouvernement et les partenaires sociaux ont convenu d’un objectif d’unification progressive des deux salaires minimaux d’ici 2028, sans qu’un calendrier précis n’ait été officialisé à ce jour.
Hausse salariale progressive jusqu’en 2026
La revalorisation du SMIG s’inscrit dans un accord tripartite signé le 29 avril 2024 entre le gouvernement, les syndicats et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Elle prévoit deux hausses successives de 5 %. La première, en vigueur depuis janvier 2025, sera suivie d’une seconde en janvier 2026. À cette échéance, le SMIG brut atteindra 3 422,53 dirhams (environ 314 euros) mensuels, pour un salaire net estimé à 3 191,85 dirhams (environ 292 euros).
Le secteur agricole suivra une trajectoire similaire, avec une deuxième hausse en avril 2026. L’État a prévu une enveloppe budgétaire de 20 milliards de dirhams (environ 1,83 milliard d’euros) pour l’année 2025, et un total de 45 milliards de dirhams (environ 4,12 milliards d’euros) sur deux ans pour accompagner cette montée en charge salariale.
SMIC et inflation : une progression absorbée par la hausse des prix
La revalorisation du SMIG intervient dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le pouvoir d’achat par habitant a reculé de -0,22 % en moyenne entre 2020 et 2022, malgré une hausse des revenus. En 2022, les revenus des ménages ont augmenté de 5,16 %, mais l’inflation, qui a atteint 6,92 %, a entraîné une perte de pouvoir d’achat de -1,75 %.
En janvier 2025, l’inflation générale s’est établie à 2 %, avec une inflation alimentaire de 3,3 %. Cette tendance s’est accentuée au premier trimestre 2025, où l’inflation globale a atteint 2,2 %, tirée par une hausse des prix alimentaires de 3,7 %. Les produits les plus inflationnistes sont les viandes (contribution de 1 point), les poissons frais (+0,2 point) et les légumes (+0,1 point). Un ralentissement est toutefois observé au deuxième trimestre 2025, avec une inflation générale redescendue à 0,8 %, notamment grâce à la baisse des prix de l’énergie.
Le SMIG marocain en comparaison internationale
Le salaire minimum marocain se situe à un niveau relativement élevé sur le continent africain. En 2023, avec un SMIG de 2 970 dirhams (environ 273 euros), le Maroc devançait nettement la Côte d’Ivoire, dont le salaire minimum atteignait 75 000 francs CFA (environ 114 euros). Il se positionnait ainsi en tête des pays étudiés en Afrique du Nord et subsaharienne.
À l’échelle mondiale, notamment parmi les pays fournisseurs de vêtements pour l’Union européenne, le SMIG marocain est le troisième plus élevé, derrière la Turquie et la Chine. À 1,61 euro de l’heure (17,10 dirhams) en 2025, il reste environ trois fois supérieur à celui du Bangladesh ou du Pakistan, et 50 % plus élevé que celui de la Tunisie.
L’impact sur le textile : entre valorisation salariale et risques de compétitivité
L’élévation du SMIG n’est pas sans conséquences pour l’industrie textile-habillement, secteur central des exportations marocaines. Les entreprises opérant principalement en sous-traitance, avec une faible valeur ajoutée locale, sont sensibles à toute variation des coûts salariaux. Les marges restent faibles, et l’augmentation du coût du travail représente un enjeu critique, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
Le gouvernement souligne toutefois son intention d’accompagner les secteurs stratégiques. Le textile bénéficie d’une attention particulière dans les politiques d’emploi et d’investissement, afin de maintenir sa compétitivité tout en respectant les engagements sociaux.
Accord social de 2024 : au-delà du salaire minimum
L’accord du 29 avril 2024 ne se limite pas à la revalorisation du SMIG et du SMAG. Il inclut un volet fiscal important, avec une exonération totale de l’impôt sur le revenu pour les salaires inférieurs à 6 000 dirhams (environ 550 euros). Les revenus compris entre 6 000 et 10 000 dirhams (entre 550 et 917 euros) bénéficient d’un allègement moyen de 400 dirhams par mois (environ 37 euros).
Concernant la fonction publique, une augmentation générale de 1 000 dirhams nets (environ 92 euros) mensuels a été actée, répartie en deux tranches : 500 dirhams (environ 46 euros) en juillet 2024 et 500 dirhams supplémentaires en juillet 2025, pour les fonctionnaires n’ayant pas bénéficié d’autres augmentations. L’ensemble de ces mesures concerne 4,25 millions de personnes, dont 3 millions de salariés du privé.
Dialogue social : revendications syndicales et blocages persistants
Malgré ces avancées, le dialogue social reste marqué par des tensions. Les syndicats (CDT, UMT, UGTM) dénoncent un manque de concertation, notamment après l’annulation de la session de dialogue prévue en septembre 2025. Ils réclament la publication du décret fixant les modalités de convergence entre le SMIG et le SMAG, promise pour 2028 mais encore sans suite concrète.
L’Union Marocaine du Travail continue de plaider pour un SMIG situé entre 4 500 et 5 000 dirhams nets (entre 412 et 458 euros), estimant que le niveau de vie des ménages marocains justifie une augmentation plus ambitieuse. Ces revendications soulignent l’écart entre les avancées gouvernementales et les attentes sociales, dans un contexte économique toujours incertain.
Quelles perspectives d’évolution pour le SMIG au Maroc ?
La trajectoire salariale actuelle prévoit des hausses programmées jusqu’en 2026 et une convergence sectorielle à l’horizon 2028. Cette dynamique vise à réduire les inégalités salariales et à améliorer le revenu minimum garanti dans un cadre budgétaire contraint.
Plusieurs points restent en suspens : le calendrier exact de la convergence SMAG-SMIG, la capacité des entreprises à absorber les coûts, et la capacité des revalorisations à compenser les effets de l’inflation. Le passage au-dessus du seuil des 3 000 dirhams nets (275 euros) marque un tournant symbolique, mais la question du « salaire minimum réel » demeure ouverte.



le SMIC est bas en France mais dans ce comparatif il n’est pas inclus les avantages adossés à ce revenu, prime pour l’emploi, exonération d’impôt sur le revenu, aide au logement, prestation sociales diverses soumises à plafond de revenus…..
Vous faites exprès de ne pas parler du smic public marocain qui a dépassé 500$/mois depuis juillet 2025 (4500 dh/mois) ;
Tout les comparatifs des centres d’études comparent les smic publiques car la quasi totalité des pays du monde libre ne fixent pas de smic privé y compris en Europe occidentale ou les entreprises locales embauchent des travailleurs détachés localement et avec des smic des pays d’Europe a moins de 300€/mois.
Smics publiques en Afrique 2026
1- Maroc 🇲🇦 500$/mois (4500dh)
2- ZAF 🇿🇦 250$/mois
3- Kenya 🇰🇪 200$/mois
4- Tunisie 🇹🇳 175$/mois
5-Algérie 🇩🇿 90$/mois (24000 da)*
Au 1er décembre 1$=250 dinars.
il faudra nous dire combien coûte la vie au Maroc par rapport à l’Algérie,
maroc, gazole 1,5€/litre, Algérie gazole 0,11€/litre.
loyer Appartement Rabat 400€/mois, Alger 100€/mois.
électricité et gaz : Maroc 50€/mois, Algérie 8-10€/mois
lait :maroc 1€/litre, Algérie 0,1€/litre.
semoule Maroc 1,2€/kg, Algérie 0,3€/kg.
poulet : Maroc 2,8€/kg, Algérie 1,2€/kg.
Ticket tram: Maroc 0,7€, Algérie 0,17€.
L’accès aux différents formules de logements sociaux gratuit et AADL (8500€)n’existe pas au Maroc, les prix logements sont comme en Europe 70000€.