Le pouvoir d’achat des Français en baisse

La reprise peut-elle tenir ? L’Insee confirme un rebond, mais le recul du pouvoir d’achat et la défiance politique freinent l’élan estival.

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L’Insee confirme une accélération de l’activité, mais le repli du pouvoir d’achat et les incertitudes politiques assombrissent les perspectives.

Portée par une hausse de 0,5 % du PIB au troisième trimestre, l’économie française retrouve de l’allant. Mais la baisse du pouvoir d’achat, la poussée des prélèvements et la frilosité des ménages et des entreprises viennent tempérer cet élan, alors que les arbitrages budgétaires de 2026 seront déterminants.

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Une dynamique de croissance

L’économie française s’est raffermie pendant l’été, avec une progression de 0,5 % du PIB au troisième trimestre après +0,3 % au printemps. L’Insee confirme un acquis de croissance de 0,8 % à fin septembre, dépassant de 0,1 point la prévision gouvernementale pour 2025. La production a rebondi de 0,8 %, portée par l’industrie manufacturière. L’investissement des entreprises s’est lui aussi inscrit en hausse (+0,8 %), un chiffre légèrement inférieur à la première estimation (+0,9 %).
La nécessité d’investir dans le numérique et l’intelligence artificielle s’est affirmée, tandis que le commerce extérieur a contribué positivement à l’activité, même si sa contribution a été revue de 0,9 à 0,6 point. Les dépenses publiques ont augmenté de 2,6 milliards d’euros selon l’Insee.

Pouvoir d’achat en repli

Après un début d’année favorable, prolongeant une hausse de 2,5 % en 2024, le pouvoir d’achat s’est contracté au troisième trimestre. Il recule de 0,3 %, et de 0,4 % par unité de consommation, conséquence directe de la hausse des impôts et cotisations sociales. Les recettes publiques ont progressé de 2,7 milliards d’euros, stimulées par le rebond de l’impôt sur le revenu et le patrimoine (600 millions chacun) ainsi que par les impôts sur les produits (600 millions). L’Insee met en avant le dynamisme des revenus observé en 2024 et la poussée des prélèvements directs, appelés à croître de près de 5 % cette année.

Selon Mathieu Plane (OFCE), les revenus augmenteraient de 1,9 % dans un contexte d’inflation ramenée autour de 1 %, avec des salaires réels en progression mais des revenus du patrimoine en recul sous l’effet de la baisse des taux d’intérêt. La note de conjoncture de septembre anticipe une nouvelle diminution du pouvoir d’achat au quatrième trimestre. Sur l’année, il progresserait toutefois de 0,8 %, soit 0,3 % par unité de consommation. En 2026, l’OFCE prévoit un recul lié au faible dynamisme des prestations sociales, de la masse salariale, des revenus du patrimoine et à une inflation modérée.

Consommation affaiblie et ménages prudents

La consommation, qui représente environ la moitié de l’activité économique, est restée quasi stable pendant l’été, n’augmentant que de 0,1 %, tandis que les achats alimentaires reculaient. Le taux d’épargne, qui culminait à 18,7 % du revenu disponible brut au printemps, s’est légèrement replié mais demeurait élevé à 18,4 % fin septembre.
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, 78 % des Français estiment payer trop d’impôts et de cotisations. Ce sentiment, renforcé par les tensions politiques, nourrit une forme de prudence qui pourrait peser sur la croissance dans les prochains mois. L’évolution dépendra des arbitrages inscrits dans le projet de loi de finances 2026 en matière de prestations sociales et de prélèvements, souligne Mathieu Plane.

La confiance fragilisée

Le climat politique influence directement les anticipations des entreprises. Selon le baromètre du cabinet Arc, 55 % d’entre elles estiment que la stabilité politique et le vote d’un budget suffiraient à raviver la confiance et à relancer l’activité, soit une baisse de 10 points par rapport au printemps.
Pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’absence de budget constituerait un péril pour l’économie française. Entre prudence des ménages, pression fiscale accrue et incertitude politique grandissante, la reprise actuelle reste sous tension et pourrait se heurter à un mur de défiance si les signaux ne s’améliorent pas.



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