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Le salaire minimum légal reste fixé à 1 000 QAR, inchangé depuis 2021. Ce minimum gelé se confronte à un coût de la vie en hausse. Dépenses, logement et marché du travail éclairent aussi la situation des travailleurs migrants.
Salaire minimum et barèmes légaux face aux dépenses courantes
En 2025, les dépenses mensuelles estimées pour une personne seule, hors loyer, s’élèvent à environ 3 300 QAR. Elles représentent plus du triple du salaire minimum de base. Le coût mensuel de l’alimentation est estimé entre 1 000 QAR et 2 051 QAR, ce barème dépassant l’allocation alimentaire légale.
Le salaire minimum légal correspond à environ 260 € par mois. Il s’accompagne de 500 QAR pour le logement et de 300 QAR pour la nourriture s’ils ne sont pas fournis par l’employeur.
Le dispositif distingue un salaire minimum de base et des compléments liés au logement et à la nourriture. La rémunération minimale dépend de ce que l’employeur fournit.
Logement et inflation
À Doha, le loyer moyen pour un studio ou un appartement d’une chambre varie entre 2 350 QAR et 7 000 QAR par mois selon le quartier. Ce niveau rend le logement inaccessible au salaire minimum sans prise en charge employeur.
Dans les zones périphériques comme Al Wakra ou Al Thumama, le loyer médian d’un appartement d’une chambre se situe autour de 3 500 à 4 500 QAR. Ces montants restent élevés.
L’inflation annuelle a atteint 1,11% en octobre 2025. Ce taux est tiré notamment par une hausse de 15,80% dans la catégorie des biens et services divers.
Marché du travail
Dans le secteur de l’hôtellerie, les salaires mensuels moyens en 2025 oscillent entre 2 165 QAR pour une femme de chambre et 4 346 QAR pour un serveur. Dans le secteur pétrolier et gazier, les rémunérations mensuelles sont comprises entre 15 000 QAR et plus de 60 000 QAR.
Le secteur de la construction continue de recruter massivement, et les écarts salariaux y sont extrêmes. Les ouvriers y perçoivent souvent le salaire minimum, alors que les chefs de projet gagnent entre 10 000 et 25 000 QAR.
La loi n° 12 de 2024 sur la « qatarisation », publiée en octobre 2024, impose au secteur privé des quotas d’embauche de nationaux, excluant toutefois le secteur pétrolier et gazier. Une réforme de la fonction publique (loi n° 25 de 2025), effective depuis octobre 2025, a introduit des primes de mariage de 12 000 QAR et des augmentations salariales liées à la performance pour les employés du secteur public. Le budget de l’État pour 2025 prévoit une augmentation de 5,5% des allocations pour les salaires et traitements, atteignant 67,5 milliards QAR.
Travailleurs migrants fortement discriminés
Human Rights Watch rapporte en 2025 la persistance de vols de salaires et de retards de paiement pour les travailleurs migrants. Malgré les systèmes de protection des salaires existants
Le système de « Kafala » a été officiellement réformé, et il continue de limiter en pratique la mobilité professionnelle des migrants. Certains employeurs exercent encore un contrôle disproportionné via des menaces d’expulsion.
Les travailleurs domestiques restent particulièrement vulnérables, Amnesty International signalant en 2024 des abus continus incluant des horaires excessifs et l’absence de mécanismes de recours efficaces.


