Eutelsat : un plan massif de satellites pour défier Starlink

Avec un soutien de 749 M€, l’État français devient l’actionnaire principal d’Eutelsat et change la donne stratégique.

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L’opérateur français de satellites Eutelsat a finalisé, le 16 décembre, une augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros. Une opération majeure, annoncée en juin, qui s’est déroulée en deux temps : une première tranche de 828 millions d’euros en novembre, suivie d’une seconde de 670 millions début décembre. Cette manœuvre financière vise à soutenir les projets stratégiques du groupe, notamment dans les télécommunications en orbite basse, un segment en pleine effervescence.

L’État prend la main

En injectant plus de 749 millions d’euros via l’Agence des participations de l’État, la France devient le principal actionnaire d’Eutelsat, avec près de 30 % du capital. Une prise de contrôle assumée, dans un contexte où les infrastructures satellitaires sont considérées comme des leviers critiques de souveraineté technologique. L’État mise sur une industrie spatiale renforcée, capable de répondre aux défis numériques et géopolitiques posés par la domination croissante d’acteurs privés non européens.

Au cœur de cette montée en puissance : le programme Iris2, une constellation de 300 satellites multi-orbitaux pilotée par l’Union européenne. Attendue d’ici 2030, elle entend offrir une alternative à Starlink, le réseau développé par SpaceX. En s’imposant comme un pilier de ce projet, Eutelsat renforce son poids politique et industriel dans la stratégie spatiale européenne. Une réponse coordonnée face à l’avance technologique des États-Unis, dans un domaine où la souveraineté des données devient cruciale.

Vers un tour de table paneuropéen

Le directeur général d’Eutelsat, Jean-François Fallacher, vise désormais un élargissement du capital à d’autres États européens. L’entreprise s’appuie déjà sur des actionnaires stratégiques : le gouvernement britannique (11 %), le conglomérat indien Bharti Space Limited (18 %), CMA CGM (7,5 %) et le Fonds stratégique de participations (5 %). Objectif : stabiliser un actionnariat continental capable de porter à long terme les ambitions d’Iris2 et de peser face aux géants extra-européens du secteur.

Un déploiement massif de satellites en vue

Les capitaux levés serviront également à renforcer la structure financière du groupe et à financer le déploiement de 440 nouveaux satellites en orbite basse d’ici trois ans. Une montée en puissance rapide, qui s’ajoutera aux quelque 600 satellites déjà en opération depuis la fusion avec l’opérateur britannique OneWeb en 2023. Face à une constellation Starlink qui a dépassé les 10 000 satellites en orbite fin octobre, la bataille de l’espace s’intensifie, et Eutelsat entend y jouer un rôle central.



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