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Acculée par une dette abyssale et un mur d’investissements à financer, EDF se prépare à vendre plusieurs de ses actifs. Selon Les Echos, le groupe public, qui affiche plus de 50 milliards d’euros d’endettement, étudie un plan de cession qui pourrait rapporter jusqu’à 20 milliards. Le sujet est sensible, mais la direction ne le dément pas : elle évoque une « revue de portefeuille » susceptible de conduire à des cessions.
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Le recentrage envisagé cible d’abord les activités internationales. En première ligne, la filiale italienne Edison, dont l’introduction en Bourse est évoquée. EDF pourrait également se désengager partiellement ou totalement de sa plateforme dédiée aux énergies renouvelables aux États-Unis, un pays qui pèse lourd dans son portefeuille vert – environ 35 % des capacités en service ou en développement.
Déjà à l’étude cet été, la vente de la moitié d’EDF Power Solutions, autre entité nord-américaine, s’inscrit dans cette logique de désengagement. La nouvelle direction du groupe, en place depuis mai 2025, pousse pour un repli stratégique, notamment hors d’Europe. Ce n’est plus seulement une option financière : c’est une orientation politique.
Endettement critique
Le poids de la dette n’est pas une surprise. Mais il devient critique face à l’ampleur des projets. Selon la Cour des comptes, EDF devra mobiliser 460 milliards d’euros d’ici 2040. Son plan d’économies – un milliard d’euros par an d’ici 2030 – fait figure de rustine.
Les besoins sont colossaux : 90 milliards pour prolonger les centrales nucléaires françaises et britanniques, 115 milliards pour bâtir 14 nouveaux réacteurs EPR 2, 100 milliards pour le réseau d’Enedis, 15 milliards pour l’hydraulique, 30 pour les renouvelables, 60 pour les projets à l’international. L’addition grimpe vite, trop vite pour une entreprise aussi lourdement endettée.
Ce n’est pas la première fois qu’EDF taille dans ses actifs. Au milieu des années 2000, après des acquisitions mal calibrées comme celle de British Energy, le groupe avait été contraint de vendre pour plus de 12 milliards d’euros d’actifs. À l’époque, l’objectif était de retrouver un équilibre financier et de recentrer les activités sur le cœur de métier : nucléaire et renouvelables.
Aujourd’hui, la logique est similaire, mais le contexte a changé. L’État mise sur EDF pour porter la relance industrielle et la transition énergétique. Impossible de faire marche arrière. Mais pour tenir le cap, il faut alléger le navire.


