Alternance : combien gagne un étudiant en contrat de professionnalisation ?

Quel est le vrai salaire d’un alternant en contrat pro ? Grille, aides, limites : tout ce que vous devez savoir avant de signer.

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Le contrat de professionnalisation n’a plus les faveurs budgétaires de l’État. En 2025, il a été privé pour la deuxième année consécutive de l’aide exceptionnelle de 6 000 euros. Résultat : les entreprises arbitrent de plus en plus en faveur de l’apprentissage, dont les avantages financiers sont mieux préservés.
Le contrat pro, lui, conserve une raison d’être : il s’adresse à un public plus large et offre une certaine souplesse.

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Salaire en contrat pro : ce que dit la grille

Tout commence avec le SMIC, désormais fixé à 1 801,80 euros brut mensuels depuis le 1er janvier 2025. Le calcul est ensuite simple : la rémunération dépend à la fois de l’âge de l’alternant et de son niveau de formation initiale.

  • Pour les moins de 21 ans, la rémunération minimale s’élève à 55 % du SMIC s’ils n’ont pas le bac, soit 990,99 euros brut par mois, et 65 % avec le bac, soit 1 171,17 euros brut.
  • Pour les 21 à 25 ans, la barre monte à 70 % du SMIC sans bac (1 261,26 euros) et 80 % avec bac (1 441,44 euros).
  • À partir de 26 ans, la loi impose 100 % du SMIC ou 85 % du salaire minimum conventionnel de branche, si ce dernier est plus favorable.

À noter : ces montants sont des minima légaux. Rien n’empêche une entreprise de proposer davantage — mais en pratique, peu s’y risquent.

Un coût supérieur à celui de l’apprentissage pour l’entreprise

Cette rémunération, plus élevée pour les adultes, est l’une des limites du contrat pro. Contrairement à l’apprentissage, il ne bénéficie plus des exonérations sociales pleines qui avaient dynamisé sa diffusion. Les entreprises doivent s’en contenter : la réduction générale renforcée, qui allège les cotisations pour les salaires inférieurs à 1,6 SMIC. Un avantage non négligeable, mais moins spectaculaire qu’avant.

Pour les employeurs, notamment les PME, le calcul est vite fait. Moins d’aides, plus de charges : la comparaison avec l’apprentissage tourne souvent au désavantage du contrat pro. En particulier pour les salariés de 26 ans et plus, dont la rémunération alourdit significativement la fiche de paie.

Un outil toujours pertinent pour certains profils

Le contrat de professionnalisation garde néanmoins quelques avantages. Il s’ouvre à un public plus large : pas de limite d’âge pour les demandeurs d’emploi. Il reste donc un levier utile pour les reconversions, les retours à l’emploi, ou l’insertion des bénéficiaires de minimas sociaux.

De plus, la formation ne repose pas exclusivement sur un CFA. Les entreprises peuvent faire appel à des organismes privés ou même construire un parcours interne, plus ajusté à leurs besoins opérationnels. Un argument de poids pour les métiers en tension ou les compétences spécifiques.

Les soutiens financiers ne sont pas totalement absents. Certaines aides ciblées subsistent :

  • 2 000 euros versés par France Travail pour l’embauche d’un demandeur d’emploi de 45 ans et plus ;
  • Jusqu’à 4 000 euros par l’AGEFIPH pour les travailleurs handicapés, avec un prorata après six mois ;
  • Et toujours, la réduction générale sur les cotisations sociales, valable pour les salaires modestes.

Mais l’esprit a changé : fini le « quoi qu’il en coûte ». L’État recentre les dispositifs sur les profils éloignés de l’emploi. Le contrat pro n’est plus un outil de masse, mais un instrument d’insertion ciblé.

Un repositionnement qui change la donne pour les jeunes

Pour un étudiant ou un jeune salarié en alternance, le contrat de professionnalisation reste une voie possible, moins valorisée que l’apprentissage, mais parfois mieux adaptée. Il peut déboucher sur des formations plus courtes, des projets à durée limitée, ou des entreprises qui ne disposent pas de CFA partenaires.

Mais avec des rémunérations plus faibles que dans l’emploi classique, et des perspectives moins balisées que dans l’apprentissage, le contrat pro s’adresse à des publics qui n’ont souvent pas d’autre solution immédiate.

Son avenir ne dépendra plus des subventions publiques, mais de la capacité des entreprises à en faire un outil de formation interne efficace. Pour les jeunes, cela impose de bien comprendre les règles, et de savoir dans quoi ils s’engagent. Car en 2025, le contrat de professionnalisation ne fait plus de cadeaux.



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