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Une vidéo montée de toutes pièces circule depuis plusieurs jours sur Facebook. On y voit une pseudo-journaliste de la chaîne fictive « Live 24 », micro à la main, évoquer un coup d’État en France. Un colonel anonyme aurait, selon ce faux reportage, renversé Emmanuel Macron. Le décor — Tour Eiffel, militaires armés, hélicoptères, gyrophares — évoque un mauvais film catastrophe. Tout y est généré par intelligence artificielle.
Treize millions de vues plus tard, certains s’en amusent, d’autres tombent dans le panneau. Le 15 décembre, un chef d’État africain, visiblement inquiet, transmet la vidéo à Emmanuel Macron. Le président découvre alors qu’un deepfake peut aussi faire paniquer au-delà des frontières.
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L’Élysée demande le retrait de la vidéo à Meta, propriétaire de Facebook. Refus de l’entreprise : la vidéo ne viole pas ses règles. Elle reste donc en ligne. Une décision qui irrite le chef de l’État qui y voit une nouvelle preuve de la faiblesse des États face aux géants numériques.
Une offensive coordonnée ?
Ce n’est pas la première vidéo du genre. Quelques jours plus tôt, une fausse présentatrice de RFI annonçait un autre coup d’État fictif en France, daté du 11 décembre. Plus de trois millions de vues. Des vidéos très semblables, qui suivent un même scénario : présentateur crédible, décor officiel, éléments militaires — le tout synthétisé par IA.
Pour les services de renseignement français, il ne s’agit pas d’erreurs isolées. Des réseaux organisés, parfois liés à la Russie, orchestreraient ces campagnes. Leur objectif : fragiliser les institutions, propager le doute, alimenter les tensions.
Macron plaide pour une Europe plus offensive
Le président dénonce un double relâchement : celui des institutions démocratiques face à la technologie, et celui des plateformes face à leurs responsabilités. Il rappelle que Meta a mis fin, en janvier, à ses partenariats de fact-checking aux États-Unis, à quelques mois des élections.
Il veut des sanctions plus rapides et plus lourdes. L’amende de 120 millions d’euros infligée à X le 5 décembre pour manquement à ses obligations de transparence est, selon lui, « insuffisante ». Il appelle l’Europe à renforcer son arsenal, avant les élections municipales en France et les scrutins européens à venir.


