SMIC : à combien s’élève le salaire minimum aux États-Unis en 2026 ?

En 2026, 19 États revalorisent leurs salaires minimums, mais les écarts régionaux se creusent dangereusement.

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À l’échelle fédérale, le salaire minimum américain demeure inchangé depuis plus de quinze ans. En 2026, cette inertie continue de peser directement sur le niveau de vie de millions de travailleurs, dans un pays où le coût de la vie poursuit sa progression.

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Un plancher fédéral figé depuis 2009

Le salaire minimum fédéral reste fixé à 7,25 dollars de l’heure, un niveau inchangé depuis le 24 juillet 2009. Défini par le Fair Labor Standards Act, ce plancher légal s’applique dans 20 États, principalement situés dans le Sud et le Midwest. Pour un salarié à temps plein, ce taux correspond à un revenu annuel d’environ 15 080 dollars, inférieur au seuil de pauvreté fédéral établi à 15 650 dollars par an pour une personne seule en 2026.

Une carte des salaires de plus en plus éclatée

En parallèle, la carte des salaires minimaux continue de se fragmenter. 19 États ont programmé une revalorisation au 1er janvier 2026, concernant plus de 8,3 millions de travailleurs. L’État de Washington affichera le taux horaire le plus élevé, à 17,13 dollars, devant le Connecticut (16,94 dollars) et la Californie (16,90 dollars). À New York, le salaire minimum atteindra 17 dollars de l’heure dans la ville de New York, à Long Island et dans le comté de Westchester, tandis que le reste de l’État sera fixé à 16 dollars.

Six États — Arizona, Colorado, Hawaii, Maine, Missouri et Nebraska — franchiront pour la première fois le seuil de 15 dollars de l’heure en janvier 2026. Cette bascule modifie l’équilibre national : pour la première fois, davantage de travailleurs américains résideront dans un État appliquant un salaire minimum d’au moins 15 dollars que dans un État conservant le taux fédéral de 7,25 dollars. L’Alaska portera son minimum à 14 dollars au 1er juillet 2026, tandis que la Floride atteindra 15 dollars le 30 septembre 2026, au terme d’une hausse progressive engagée après un référendum de 2020.

Des villes où le minimum dépasse 20 dollars

À ces seuils étatiques s’ajoutent des minima locaux sensiblement plus élevés. Washington D.C. applique un salaire minimum de 17,95 dollars depuis le 1er juillet 2025. À Seattle, le minimum atteindra 21,30 dollars au 1er janvier 2026. Dans le secteur hôtelier de Los Angeles, le salaire minimum horaire s’élève à 22,50 dollars depuis septembre 2025.

Même à ces niveaux, le pouvoir d’achat reste contraint. Le concept de salaire viable, élaboré par le Massachusetts Institute of Technology, estime le revenu horaire nécessaire pour couvrir les dépenses courantes sans aide publique. Pour un adulte seul, ce seuil atteint 28,88 dollars de l’heure dans le Massachusetts, 28,72 dollars en Californie, 23,41 dollars en Floride et 21,82 dollars au Texas. À l’échelle nationale, les estimations convergent vers un salaire viable d’environ 25 dollars de l’heure.

Les écarts restent marqués. À Oklahoma City, le salaire minimum de 7,25 dollars ne représente que 42 % du salaire viable estimé à 17,31 dollars. À Seattle, malgré un minimum de 21,30 dollars, ce niveau n’atteint que 78 % du salaire viable local. Aucun comté américain ne dispose d’un salaire minimum supérieur au seuil du salaire viable selon ces calculs.

Un pouvoir d’achat encore très insuffisant

Cette insuffisance se reflète dans les conditions de vie. Près de 67 millions d’Américains perçoivent moins de 25 dollars de l’heure. En 2024, 82 000 travailleurs étaient rémunérés exactement au salaire minimum fédéral, tandis que 760 000 autres percevaient un revenu inférieur, notamment dans les secteurs recourant aux pourboires. Le pouvoir d’achat du salaire minimum fédéral s’est fortement érodé : il vaut près de 30 % de moins qu’il y a quinze ans et environ 40 % de moins que son niveau maximal atteint en 1968, en l’absence d’indexation automatique sur l’inflation.

L’inflation continue de peser sur les budgets, malgré un ralentissement. En novembre 2025, le taux annuel s’établissait à 2,7 %, tandis que l’inflation alimentaire atteignait 2,6 % sur douze mois, avec des projections à 2,7 % pour 2026. Les prix alimentaires demeurent 29 % plus élevés qu’avant la pandémie. Les salaires nominaux ont progressé plus vite que l’inflation entre juillet 2024 et juillet 2025, sans combler les écarts structurels. Les tensions se traduisent par une insécurité alimentaire touchant 14 % des foyers en 2025, une pression accrue sur les banques alimentaires et un nombre record de travailleurs cumulant plusieurs emplois.

La crise du logement accentue ces déséquilibres. Le déficit est estimé à 2,8 millions de logements, le taux de propriété a reculé à 65 % et, pour les locataires, la part du revenu consacrée au loyer demeure élevée. Dans ce contexte, certaines politiques commerciales pourraient aggraver la situation : des droits de douane supplémentaires risquent de faire basculer 875 000 personnes supplémentaires dans la pauvreté en 2026. Pour atteindre un niveau de vie qualifié de confortable, un adulte seul devrait disposer d’un revenu annuel compris entre 80 000 et 90 000 dollars, avec de forts écarts selon les États, allant de plus de 120 000 dollars dans le Massachusetts à moins de 80 000 dollars en Virginie-Occidentale.



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