Rafale : les secrets de l’avion de combat devenu star mondiale en 2 ans

Le Rafale fascine, séduit, s’impose. Son ascension spectaculaire est une leçon de stratégie et de souveraineté.

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Longtemps moqué comme un bijou technologique sans acheteur, le Rafale a changé de dimension. En 2024 et 2025, Dassault Aviation empile les contrats comme jamais, refermant un procès vieux de vingt ans : celui d’un avion magnifique mais invendable. La dynamique est désormais inversée. Fin août 2024, le cap symbolique des 500 appareils vendus est franchi. La preuve, sur le terrain et dans les chiffres, que le concept « omnirole » – capacité à tout faire avec un seul avion – fonctionne.

Le basculement est industriel, politique et diplomatique. En quelques années, le Rafale a quitté la marge pour devenir un pilier de la souveraineté aérienne française, tout en s’imposant comme outil d’influence majeur à l’export. Les armées veulent plus de Rafale. Les pays étrangers aussi. Et Dassault suit le rythme.

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Un virage décisif pour l’industrie aéronautique française

L’année 2024 ouvre une séquence structurante. Le 12 janvier, la DGA officialise la commande de 42 Rafale F4 pour l’armée de l’Air et de l’Espace. Montant : plus de 5 milliards d’euros. La Tranche 5 est actée, les chaînes tournent.
À l’international, l’Indonésie active, le 8 janvier, la dernière phase de son contrat pour 18 appareils. Puis c’est au tour de la Serbie de rejoindre le cercle des clients. Lors de la visite d’Emmanuel Macron à Belgrade, les 29 et 30 août 2024, le pays annonce l’achat de 12 Rafale neufs.

En 2025, c’est la version Marine qui remporte la mise. Le 28 avril, l’Inde acte l’acquisition de 26 Rafale Marine pour équiper le porte-avions INS Vikrant. Le contrat entre en vigueur le 7 mai. New Delhi bascule officiellement vers une double flotte Rafale.

Résultat : 507 commandes cumulées à fin 2025, dont 273 à l’export et 234 pour la France. Le carnet atteint un niveau inédit : 43,2 milliards d’euros, selon Dassault (mars 2025).

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Réponse directe aux crises

Sur le papier, le Rafale sait tout faire. Dans les faits, il le prouve. En juillet 2024, la mission Pégase illustre la capacité de projection de l’armée française. Objectif : démonstration de puissance et de mobilité. Des Rafale, accompagnés d’A400M et de ravitailleurs A330 MRTT, traversent la planète jusqu’à Guam et l’Australie. Avec, nouveauté stratégique, des escales à Saint-Pierre-et-Miquelon et La Réunion.

Le 21 octobre 2025, retour au réel. Deux Rafale participent à une mission conjointe avec des F-16 irakiens dans le cadre de l’opération Chammal. L’armée française réaffirme sa présence au Levant. Polyvalence : un mot, deux réalités. Dissuasion nucléaire et engagement conventionnel.

Le standard F4.1 s’impose, le F5 prend le relais

La montée en gamme accompagne la montée en cadence. En 2024, plus de 70 % de la flotte française vole au standard F4.1, selon Areion24. Qualifié en 2023, ce standard introduit le viseur de casque Scorpion, le missile AASM 1000 kg et le combat collaboratif.

Mais déjà, la suite est lancée. Le 8 octobre 2024, à l’occasion des 60 ans des Forces Aériennes Stratégiques, le ministre des Armées annonce officiellement le développement du Rafale F5. Objectif : horizon 2030. Et il ne viendra pas seul.

Un drone de combat furtif, dérivé du démonstrateur nEUROn, est dans les cartons. Il accompagnera le Rafale F5 dans des missions SEAD (Suppression des Défenses ennemies) et pourra emporter le futur missile nucléaire ASN4G.

Souveraineté, technologie, diplomatie : un triple levier

Le Rafale était un pari. Il est devenu un standard.



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