Avion de combat : Airbus tente un coup de force

Saab se dit prêt à développer un avion de combat avec Airbus, alors que le programme SCAF reste bloqué.

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La guerre des chasseurs du futur s’ouvre un nouveau front. Le suédois Saab se dit prêt à travailler avec Airbus et l’Allemagne pour concevoir un nouvel avion de combat. Une déclaration qui tombe à pic, alors que le Programme SCAF (Système de combat aérien du futur), porté par Paris, Berlin et Madrid, reste empêtré dans des blocages industriels.

Le SCAF au point mort, malgré l’accord annoncé fin 2025

Le président Emmanuel Macron et le chancelier Friedrich Merz ont beau avoir affiché leur volonté de relancer le SCAF, rien n’a bougé. Fin 2025, l’échéance fixée pour un accord est passée sans qu’aucune décision n’ait été prise. Le programme reste figé, malgré la pression politique des deux capitales.

Les tensions ne datent pas d’hier. Depuis 2021, l’Allemagne remet en cause le principe du « meilleur athlète » qui devait guider la répartition des tâches. Depuis, c’est l’impasse entre Dassault, maître d’œuvre désigné pour l’avion de nouvelle génération, et Airbus, via ses filiales allemande et espagnole. Gouvernance, propriété intellectuelle, partage industriel : aucun terrain d’entente.

Berlin explore des options hors du trio Paris-Berlin-Madrid

En coulisses, l’Allemagne explore d’autres pistes. Deux options reviennent avec insistance : rejoindre le programme britannique GCAP (avec le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon) ou se rapprocher de la Suède. Le flou autour du SCAF pousse Berlin à multiplier les scénarios.

Début décembre, Saab et Airbus ont annoncé un partenariat sur les drones de combat collaboratifs. Une initiative encore limitée, mais qui ouvre la voie à une coopération plus large. Une manière aussi de préparer un plan B, en cas d’échec définitif du programme franco-allemand.

Saab pose ses conditions pour un vrai partenariat

Dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung, le PDG de Saab, Micael Johansson, s’est dit prêt à construire un avion de combat en coopération avec l’Allemagne et Airbus. Il affirme que le groupe suédois a les compétences pour devenir un partenaire industriel à part entière. L’enjeu : peser face aux géants du secteur, sans perdre son autonomie.

Pas question pour Saab de se fondre dans une alliance sans garanties. Toute collaboration suppose, selon lui, un engagement politique fort et le respect des équilibres industriels. Le groupe exige de garder la main sur ses savoir-faire clés, en particulier en matière de propriété intellectuelle.

Un nouvel avion de combat prendrait dix ans à développer. Les drones, eux, pourraient être opérationnels d’ici quatre à cinq ans. Pour Saab, ce calendrier plus court permettrait de tester la coopération avec Airbus, tout en continuant à travailler sur ses propres concepts de chasseur du futur.



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