La source la plus tangible est éditoriale. En juillet 2025, Jordan Bardella dépose une déclaration d’intérêts modificative auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Publié par Mediapart le 17 décembre 2025, le document révèle qu’il a touché 728 215 euros nets pour son premier livre, Ce que je cherche (Fayard, novembre 2024).
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La stratégie gagnante de Jordan Bardella
Ce montant se décompose en 88 068 euros nets d’à-valoir versés en 2024, puis 640 147 euros nets de droits d’auteur en 2025, pour 212 782 exemplaires vendus. Soit 3,4 euros par ouvrage, environ 15,5 % du prix hors taxes — un niveau de rémunération très élevé dans le secteur. Le chiffre d’affaires total du livre pour Fayard est estimé à 4,8 millions d’euros TTC (4,6 millions HT). Le succès s’explique en partie par une campagne médiatique appuyée dans les médias du groupe Bolloré, et par un appui rédactionnel du journaliste Jean-François Achilli.
Un deuxième opus déjà bien engagé
Le 29 octobre 2025, Bardella publie un deuxième livre, Ce que veulent les Français, chez le même éditeur. Fin décembre, 57 000 exemplaires ont été écoulés. Si les ratios de rémunération restent constants, cette nouvelle publication devrait rapporter plusieurs centaines de milliers d’euros sur les années 2026-2027. À ce jour, ces montants ne sont pas encore déclarés publiquement.
Salaires d’élu : un eurodéputé bien encadré
Côté mandats électifs, seuls les revenus de député européen sont documentés. Selon une déclaration HATVP du 16 septembre 2024, Jordan Bardella a perçu 120 234 euros nets en 2023, puis 72 792 euros nets pour les mois couverts en 2024, avant et après sa réélection du 9 juin.
Depuis juillet 2024, la rémunération brute mensuelle d’un eurodéputé est de 10 337 euros, soit environ 8 090 euros nets après impôt européen et cotisations. À cela s’ajoutent 4 950 euros mensuels de frais généraux pour les dépenses de cabinet, ainsi qu’une indemnité journalière de 350 euros en cas de présence au Parlement.
En tant que conseiller régional d’Île-de-France depuis décembre 2018, Bardella a perçu des revenus en 2018 et 2019. Mais depuis août 2019, un écrêtement ramène sa rémunération à zéro euro net par an, du fait de la législation sur le cumul des mandats.
Un patrimoine hors radar du public
C’est là que la visibilité s’arrête. À la différence des ministres ou des candidats à la présidentielle, les eurodéputés n’ont pas l’obligation de publier leur déclaration de patrimoine. Celle-ci est uniquement consultable, sur rendez-vous, en préfecture — avec interdiction de divulgation.
Impossible donc de savoir si Jordan Bardella détient des biens immobiliers, des comptes bancaires, une assurance-vie ou d’autres formes d’épargne. Aucune information disponible sur la destination des 728 215 euros nets perçus pour Ce que je cherche : placements ? achats ? épargne dormante ? Rien ne filtre.
Sa déclaration d’intérêts du 16 septembre 2024 mentionne “Néant” à la rubrique des participations dans une société. Mais ce document ne couvre pas les actifs constitués après cette date, notamment les droits d’auteur encaissés en 2025.
Au 5 janvier 2026, la seule composante vérifiable de ses ressources demeure donc celle liée à l’édition. Le reste du patrimoine reste invisible.


